Halifax et Québec

J’ai donc quitté mon super volontariat au Lodge lundi matin, Tyler m’a déposée à Halifax où un Air Bnb m’attendait. Il neigeait à gros flocons, chose totalement inhabituelle pour Halifax vu qu’en général ils n’ont même pas la neige pour Noël.

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J’ai passé deux jours à me reposer, profiter du chauffage de la chambre haha, arpenter Halifax pour continuer à découvrir cette ville que j’adore. J’ai failli rester enfermée dans un parc pour la nuit mais sinon tout s’est bien passé haha.

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J’ai ensuite pris le train mercredi à 13h pour arriver à Québec à 7h le lendemain matin (oui oui oui, 17h de train huuuum on adore). Petite marche sous la grêle pour arriver jusqu’à la gare (c’est largement mieux que la pluie ou la neige car ça rebondit, ça ne mouille pas (oui ici j’en suis à analyser ce genre de choses)).

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Le trajet en train fut splendide ! De la neige, des lacs gelés, des cascades cristallisées par le froid, des sapins tout blancs et ça pendant plusieurs heures (jusqu’à qu’il fasse nuit quoi, environ vers 16h ici). La proximité d’Halifax avec l’océan l’empêche d’être très enneigée, ce qui n’est plus le cas à l’intérieur des terres canadiennes.

Nous avons passé la journée de jeudi à Québec avec… Marjolaine !! Ma copine française rencontrée à l’auberge de Moncton et qui m’avait rejoint à Halifax . Hé bien elle vient avec moi à mon / notre prochain volontariat 🙂 trop contente !
Nous sommes arrivées très tôt le matin, sous un joli -18°C (ressenti -27°C, oui ça pique). Nous n’étions pas forcément habillées en conséquence (qu’une seule couche de vêtements et que des « petites » doudounes) à tel point que nos cuisses piquaient / brûlaient / ne sentaient plus rien… Nous avons été accueillies par Marcel, un canadien que Marjolaine avait rencontré à l’auberge de Moncton (décidément).
Mieux équipées, nous nous sommes baladées dans Québec, avons mangé des spécialités québécoises, fait du shopping… C’est incroyable de découvrir la ville sous la neige après l’avoir vu à l’automne. C’est vraiment différent mais pareil à la fois (tu vois ?).

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Québec est d’autant plus belle, que les décorations de Noël ont été installées… L’impression d’être au pays du Père Noël !

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Nous avons passé la soirée avec Marcel et sa colocataire française Julie, dans un pub proche de l’appartement. Au menu bières, burgers à 6$ (c’était pas des vrais steaks !) et musique.


Ce matin, nous avons pris le bus pour nous rendre aux Éboulements, à 1h30 au dessus de Québec, pour notre prochain volontariat… Je quitte donc les provinces maritimes, la Nouvelle Ecosse et sa météo clémente pour retrouver le Québec et son manteau neigeux. Encore une nouvelle aventure 🙂

The Lodge

J’ai passé les deux dernières semaines dans mon second volontariat. Situé à 45 minutes au sud d’Halifax, au bord de l’océan, dans une péninsule appelée « The Lodge ». J’ai été accueillie par Tyler, Zenovia et leur fils Métro.

Tyler travaille la plupart du temps à la maison, mais il organise aussi des voyages à vélo à travers le monde entier avec l’entreprise de ses voisins. A côté de ça il achète des aliments secs bio en grosses quantités qu’il revend dans des quantités plus pratiques. Zenovia est psychiatre de formation et travaille 3 jours par semaine dans un centre pour schizophrènes à Halifax. Métro lui va à l’école vu qu’il n’a que 8 ans. Ha et j’ai failli oublier Della !! Leur petite chienne de 7 mois, que j’ai adooooré durant mon séjour. Elle a peur de l’eau, a toujours froid mais adore la neige (c’était sa première fois cette semaine).

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Zenovia et Tyler ont acheté la propriété il y a 7 ans pour avoir une vie plus tranquille et proche de leurs valeurs communes. La propriété comprend la maison principale où ils habitent, avec en prime une vue splendide sur l’océan depuis le salon. La cuisine est remplie de bocaux contenant des aliments secs et épices en tout genre. Tyler est en train de rénover la deuxième maison de la propriété pour la louer. Il y a aussi 2 bâtiments pour le rangement du matériel de jardinage et du tracteur ainsi qu’un bâtiment pour les poules (ouais la maison des poules est genre 3 fois plus grande que mon ancien appart haha) et la dinde (ne vous attachez pas trop, il lui reste peu de temps à vivre avant le réveillon de Noël). Le dernier bâtiment est la cabine d’été ; un petit salon au rez de chaussée, une chambre double en mansarde à l’étage. Pourquoi cabine d’ « été » ? Parce qu’elle n’est pas isolée ni chauffée et n’a pas l’eau courante. Ha oui au fait j’oublie, c’est là que l’on dormait ! (haha pas de panique, quand il a fait trop trop froid (genre quand l’eau à l’intérieur de la cabane gelait (oui oui oui), nous avons dormi dans la maison)).

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« On » c’est Johanna et moi ; nous étions deux volontaires durant ce séjour. Johanna est une allemande de 18 ans, très sympa, qui ne pense qu’à manger (haha) et avec qui je me suis très bien entendue.

La particularité de ce volontariat a été qu’il fut all in english (ça veut dire « tout en anglais » maman) ! Zenovia, Tyler et Métro sont totalement anglophones (ils sont originaires de Colombie Britannique (l’ouest du Canada), mais dans tous les cas la Nouvelle Ecosse est aussi uniquement anglophone). Du coup je n’avais pas d’autre choix que de parler anglais si je voulais demander quelque chose, discuter avec eux ou même regarder un film… En 2 semaines mon anglais s’est bien amélioré :). Tyler comprend et parle un peu français tout de même.

Nos tâches étaient plutôt extérieures quand le temps nous le permettait ; rangement du bois pour l’hiver prochain, ramassage des feuilles mortes pour les utiliser au jardin, préparation de la terre pour planter l’ail, préparation de l’ail, plantation de l’ail, préparation du jardin pour l’hiver ; le recouvrir de compost / algues / feuilles mortes, arrachage des mauvaises herbes et des plantes mortes, récupération du compost dans l’enclos des poules (j’aurai pu aussi vous raconter qu’on a nettoyé les cages des poules pour enlever toutes les fientes mais c’est pas très glamour alors je n’en parlerai pas).

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Quand il pleuvait ou neigeait (première neige pour notre dernier jour de travail, à croire qu’il neige à chaque fois que je dois quitter un lieu. Oui j’y vois un signe mystique et alors ? J’ai le droit, c’est mon blog !) nous restions plutôt en intérieur ; destruction des plaques de placo de la maison en rénovation, cuisine (beaucoup de cuisine !! Trop bien :)), grand ménage, sortir les pneus d’hiver du garage, entreposer les dalles de carrelage pour la nouvelle maison, aider Tyler à préparer ses commandes de nourriture en transvasant les aliments de gros sacs de 25kg en sac de 1kg ou moins…

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En gros on n’a pas chaumé avec Johanna ! La première semaine, mon corps était une courbature géante ! ça me change de mon travail assise au bureau ou derrière le volant de ma voiture, mais c’est aussi ça que je suis venue chercher au Canada ! Beaucoup de tâches différentes parfois difficiles mais toujours faites dans la bonne humeur et la gratitude grâce à Zénovia et Tyler.

Mais notre séjour ici ça a aussi été des repas succulents (Tyler a été chef et cuisine divinement bien. Donnez lui deux radis, du khale et des amandes et il vous fait la meilleure salade de votre vie. Je pense que j’ai passé les deux semaines les plus saines de ma vie. Tyler et Zenovia produisent la plupart de leur nourriture (fruits, légumes, poulet, dinde (snif)). Ils achètent quelques produits en supermarché mais toujours locaux et la plupart du temps bio. Ils utilisent aussi tous les aliments que Tyler vend (beaucoup de noix, légumineuses, épices). Ils fabriquent tout, de la sauce barbecue, à la tortilla, au curry en passant par le bun des hamburgers ! Ce fut un régal de manger chez eux, je pense d’ailleurs que le mot « huuuummm » est celui qui a été le plus prononcé ces deux dernières semaines par Johanna et moi. Nos moments libres étaient aussi composés de beaucoup de lecture (pas de télé ici et un wifi capricieux. J’ai rattrapé ma liste de livres à livre pour mon plus grand bonheur (par contre mon budget livre commence à être plus important que mon budget voyage haha)), de visionage des Harry Potter (en anglais svp, dans la salle de home cinéma), de cuisine, de balades sur la plage avec Dalla ou dans la forêt de la propriété, de jeux de société, de passage au marché fermier et à la médiathèque d’Halifax, de patinage et de « dinner-party ». On ne m’avait pas menti, la Nouvelle-Ecosse est splendide !

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Notre première soirée ici était celle de la fête annuelle de la compagnie de voyages à vélo pour laquelle travaille Tyler, tenue par les voisins. A peine arrivée, je me retrouve à traverser la forêt avec Tyler et Johanna pour arriver chez eux. Il pleut des cordes mais une vingtaine de personnes est dehors en train de jouer au cricket. Ils nous proposent une partie de flag (il pleut des cordes, je repète. Genre les cordes d’inondation à Montpellier. Le canadien est décidément bien acclimaté à son environnement, lui…). Quelques chutes et minutes plus tard nous rentrons dans la magnifique maison. Il y a des casseroles énormes qui mijotent sur le feu, de la nourriture qui semble succulente partout. Quelques heures et échanges en anglais plus tard, le groupe de musique du fils des propriétaires entame un concert dans le salon (un guitariste chanteur, un bassiste, un deuxième guitariste et un batteur). Entourée d’une cinquantaine de gens que je ne connais pas dans une maison immense et magnifique, digérant un chilli succulent et de l’houmous maison, au son de la musique et de la belle voix du chanteur, regardant les gens danser… C’est donc ça le bonheur ?

Le volontariat

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Qu’est ce que le volontariat ?

C’est une manière de voyager basée sur l’entraide (ça c’est ma propre définition). C’est différent du bénévolat où là tu travailles sans rien attendre en retour. En fait le volontariat, c’est surtout un échange de bons procédés ; tu travailles 5 heures par jour, 5 jours par semaine pour ton hôte (soit 25h par semaine, c’est ça, bravo !). En contrepartie il te loge et (la plupart du temps) te nourrit. Le volontariat se démocratise de plus en plus et séduit beaucoup de voyageurs de par ses nombreux avantages.
Il y a quasiment 36000 hôtes dans le monde entier qui cherchent des volontaires, dont 1970 au Canada (juste sur le site de Workaway !). Tu peux trouver ton hôte sur trois sites principaux ; Wwoof, HelpX ou Workaway (celui que j’ai choisi). Le premier est plus orienté travaux de la ferme alors que les deux autres proposent des activités plus variées. Les adhésion aux sites sont payantes ; respectivement 35€, 20€ et 36€ par an. J’ai choisi Workaway car je ne voulais pas forcément travailler (que) dans des fermes et je trouvais le site internet plus fluide et agréable à utiliser.

Comment ça marche ?

Via le site internet, tu envoies (ou reçois de la part d’un hôte mais c’est plus rare) une proposition de volontariat. Le site permet d’appliquer des filtres comme la zone recherchée, la durée du volontariat, les activités demandées, l’accès disponible au net, ect… Chaque hôte (et toi aussi en tant que volontaire) a une fiche d’identité où il se présente, explique ce qu’il attend du volontaire, expose les conditions dans lesquelles tu seras logé / nourri. Souvent des photographies sont visibles et aussi (le plus important à mes yeux) les avis des anciens volontaires. Personnellement je ne demande jamais un volontariat si l’hôte n’a pas au moins un avis. Et s’il a un seul avis négatif, je ne le contacte pas non plus #onestjamaistropprudente.
Après plusieurs échanges, l’hôte et toi-même décidez si oui ou non le volontariat se fera, ainsi que les dates de présence et les conditions. La plupart des hôtes sont cools et assez flexibles sur les dates.
Tu peux aider une famille à jardiner ou quelqu’un à poncer son plancher (ça sent le vécu) ou aider à tenir une auberge de jeunesse ou te découvrir un talent pour le pilotage de chiens de traîneau (plus facile au Canada qu’en Colombie). L’hôte peut préférer que tu aies déjà quelques compétences relatives à tes futures tâches ou il n’attendra rien de toi à part d’être motivé et curieux.
Aucun contrat ne te lie à ton hôte donc tu n’as pas besoin d’un visa de travail ni d’un compte bancaire résidentiel (sauf si l’hôte te paye les heures supplémentaires). Cette flexibilité te permet de prolonger ton séjour si tu le veux ou d’y mettre fin plus tôt que prévu s’il ne correspond pas à tes attentes. L’hôte a les mêmes droits et peut donc aussi écourter ton séjour chez lui.

Pourquoi j’ai choisi de faire du volontariat ?

Mon visa permet d’envisager deux choix de vie ; soit tu l’utilises pour travailler soit pour voyager (ou un peu des deux (en même temps ou par période)).

Je trouve que l’utiliser pour travailler est intéressant si tu peux travailler dans ta branche, acquérir de nouvelles compétences, décrocher un poste plus haut placé qu’en France (c’est souvent le cas ici, plus facilement qu’en France en tout cas, selon les retours que j’ai eus) ou même commencer une nouvelle carrière. Dans ce cas, j’aurai peut-être voulu une vie sédentaire et habiter dans une seule ville (ou deux) en ayant un poste de diététicienne.
Mon diplôme français n’étant pas reconnu ici (ou alors il faut que je refasse 3 ans d’études après le passage en commission de mon dossier. Et ici la fac est loin d’être gratuite. Bref je ne peux pas travailler dans mon domaine). La perspective d’être caissière ou serveuse ou autre (vu que je n’ai « qu’un » BAC +3 en diet et pas d’autre diplôme utilisable) ne m’enchantait que moyennement. J’adore mon travail en France, je ne me voyais pas faire un travail moins enrichissant (à mes yeux hein, je ne crache pas sur ces métiers) que celui que j’exerçais avant de partir.

Au fur et à mesure que je préparais mon voyage, je me rendais compte du nombre important de villes que j’avais envie de visiter ; Montréal, Québec, Vancouver, Ottawa, Toronto… Puis le Canada est immmmmeeennnseee, donc difficile de visiter la côte Ouest pendant le week-end en habitant à Montréal et les 2 semaines de congés payés sont insuffisantes pour découvrir le pays. Enfin, les paysages semblent tellement différents les uns des autres, changeant au gré des saisons. Je n’arrivais pas à me résoudre à choisir seulement 1 ou 2 ou même 4 villes (4 déménagements en un an c’est déjà beaucoup…) pour m’établir. J’ai donc décidé de…. roulement de tambour… TRAVERSER LE CANADA (ouais elle a pas froid aux yeux la petite (et pas qu’aux yeux quand on regarde les températures hivernales du Canada haha)).

Le volontariat s’est naturellement imposé à moi comme LA solution parfaite.
En effet il me permet de passer du temps dans chaque province, de rencontrer plein de gens, d’acquérir de nouvelles compétences par forcément en rapport avec ma formation initiale, de découvrir les endroits que seuls les locaux connaissent, de vivre la vraie vie à la canadienne, d’avoir « une famille » et « une maison » pour quelques semaines (chose importante quand tu voyages seule, loin de ton cocon habituel rassurant), de ne pas être seule, de rencontrer d’autres volontaires, d’être libre de partir si le volontariat ne me convient pas, d’avoir des jours off pour passer du temps avec mes hôtes ou découvrir les environs seule, d’améliorer mon anglais sans avoir de pression professionnelle (mon dieu je comprends pas ce que le client dit, du coup je panique, du coup je comprends encore moins, du coup mon patron m’engueule, du coup je me fais virer, du coup je suis triste, du coup je rentre en France (à peine exagéré)), de rencontrer des personnes qui ont souvent les mêmes valeurs que moi (déjà le partage, l’échange et le plaisir du voyage), de sortir de l’univers entrepreneurial (j’ai fait une overdose ces derniers mois je crois haha) et d’être nourrie / logée sans dépenser d’argent (ce qui permet d’équilibrer le budget entre les moments de volontariat et ceux de road-trip).

Est-ce que j’ai eu raison de faire ce choix ?

HO OUI ! Pour l’instant mes deux premiers volontariats se sont super bien passés, j’ai rencontré des gens géniaux et l’expérience est largement au dessus de mes attentes :). J’ai le sentiment d’être là où je dois être (s’émerveiller en escaladant une cascade ou se lever tous les matins en face de l’océan, ça aide !).

Alors, convaincu ?

Cabot Trail

Pour clôturer ce qui sera sûrement mon dernier road-trip canadien pour l’année 2018, j’ai loué une voiture jeudi et vendredi dernier pour m’éloigner d’Halifax et découvrir le Cabot Trail.
Considérée comme l’une des plus belles routes du monde, une visite de la Nouvelle-Ecosse n’est pas complète sans passer par ce lieu. Le Cabot Trail est en réalité une route, une région et un des nombreux parcs canadiens (oui, c’est tout), jalonné de nombreuses randonnées et points de vue grandioses. Située à environ 5h de route d’Halifax, l’entrée dans le parc débute après le village de Chéticamp. Petit point géographie, le Cabot Trail est tout au Nord de la Nouvelle-Ecosse, là ;

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Malheureusement pour moi, les premiers kilomètres sont difficiles à cause du brouillard et de la météo peu clémente. Je suis venue spécialement pour une randonnée… Arrivée au début de celle-ci, un garde du parc m’accoste en anglais puis me parle de suite en français après avoir entendu ma réponse (il semblerait que j’ai un léger accent haha) « tu peux y aller si tu veux, mais c’est tellement foggy que vous ne verras rien »(oui, il parle aussi bien français que moi anglais). La particularité du Cabot Trail étant sa route sinueuse entre les montagnes, les érabliers et… la côte de l’océan, ça serait dommage de ne voir que du brouillard, du brouillard et un peu de brouillard.

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Je file donc, bougonne, vers mon Air Bnb. En route, je fais une petite randonnée de 15 minutes au milieu d’une forêt composée à 90% d’érabliers, chose unique, visible uniquement au Cabot Trail.

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J’arrive dans un village microscopique (genre pire que Frangouille haha, maximum 10 maisons et une épicerie qui ferme à 18h) et me retrouve à passer la porte d’une église. Non pas que le voyage me rende moins athée, juste que mon église est mon Air Bnb et vice-versa. Patricia et son mari ont racheté une ancienne église reconvertie en habitation, ils louent des lits dortoir. Je retombe, complètement par hasard, sur Noémie, une française en fin de PVT que j’avais rencontrée à Moncton. Finalement le Canada n’est pas si grand que ça 🙂

Le lendemain, je monte en haut de l’ancien clocher de l’église pour évaluer la situation météorologie (Catherine Laborde n’aurait pas fait mieux !).

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Je décide donc de retenter la Skyline (la fameuse rando) et repars du côté ouest du parc. Je me suis jurée que c’était (à priori) ma dernière randonnée seule, les panneaux avertissant de présences d’ours, orignaux et coyotes m’ayant trop effrayée. (MAMAN CAAAAAALMEEEE, je pense que j’étais bien la seule à être effrayée et à chanter toute seule sur mon chemin pendant 2h et à étudier les crottes rencontrées en route (oui je me suis retenue de toucher pour voir si c’était encore chaud et évaluer la possibilité que la bête soit encore dans les parages), j’ai croisé quelques personnes pas du tout apeurées., elles…).

IMG_7937IMG_7805(On en parle du « défendez vous avec tout ce que vous avez à votre disposition » ? Genre ma gourde ou ma fourchette en plastique ?)

La randonnée est magique, entre forêt, zone ressemblant plus à une savane à cause des orignaux (ils mangent les sapins ces cons ! Les scientifiques font même des tests en clôturant certaines parties de la forêt (y’a des portes anti-orignaux haha) pour voir si les sapins repoussent)) et vue splendide sur l’océan.

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Arrivée au point de vue final, j’aperçois des mouvements dans l’océan au pied des falaises ! Des phoques sont venus me souhaiter bonne route 🙂

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La fin de la route du Cabot Trail est toujours aussi magnifique, les paysages changent beaucoup et les couleurs de l’automne sont toujours présentes en Nouvelle-Ecosse 🙂

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Je suis rentrée tard ce soir là sur Halifax. Tyler, mon nouvel hôte, doit venir me chercher demain matin pour partir pour mon prochain volontariat.

 

Halifax

Lundi, j’ai pris le bus depuis Moncton direction Halifax, 4h de trajet à observer les magnifiques paysages à dormir.
Arrivée à Halifax, j’ai un bon feeling, il fait beau, la ville me semble superbe de ce que j’en ai vu à travers les vitres du bus (je ne dormais pas les 15 dernières minutes du trajet). Exactement le même ressenti que quand j’ai mis le pied à Londres et Amsterdam, deux villes que j’ADORE.

Après m’être installée à l’auberge, je pars me balader seule en attendant l’arrivée de mes copines de Moncton en fin d’après-midi. Comme partout au Canada, les façades des maisons sont de toutes les couleurs, beaucoup plus joyeux comme paysage que nos bâtiments monochromes.

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Je parcours les 3km qui longent le front de mer d’Halifax, aménagés en promenade. Les façades au style ancien en briques rouges côtoient les buildings en verre. ça s’équilibre plutôt bien et les briques me font beaucoup penser à Birmingham.

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On trouve des chaises en bois de toutes les couleurs dans TOUS les lieux touristiques du Canada, parfois de taille démesurée. Photo clichée donc.

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En face d’Halifax ; la ville de Dartmouth.

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Je fais un petit crochet par le musée maritime. On peut y voir des goélettes authentiques et plusieurs expositions notamment sur deux événements marquants de la ville ;

  • L’explosion d’Halifax en 1917. Un bateau français transportant des explosifs à destination de l’Europe en guerre, rentre en collision avec un bateau norvégien. Ce dernier s’enflamma, entraînant l’explosion du navire français. La détonation fit plus de 2000 morts et 9000 blessés (dont beaucoup d’aveugles dus aux éclats de verre propulsés par la destruction de toutes les fenêtres de la ville). La détonation provoqua un tsunami d’une hauteur de 18m et une onde de choc ressentie à plus de 400km à la ronde ! Ce fut l’explosion causée par l’activité humaine la plus puissante avant les premiers essais nucléaires.
  • le naufrage du Titanic, au large d’Halifax. L’exposition montre de nombreux objets reconstitués ou récupérés sur l’ancien navire. On peut voir de quelle manière le pourtour du bateau avait été renforcé avec de l’acier, pour en faire LE bateau insubmersible de l’époque (bon depuis ils ont changé d’avis hein). Problème, ce renfort était composé en grosse quantité de souffre, qui devient moins résistant à température basse… Tu vois où je veux en venir ? J’apprend aussi que le capitaine avait l’habitude de faire naviguer des bateaux 3 fois moins gros, que le nombre trop faible de canots est dû à une question budgétaire et que plus d’homme de 1ère classe ont été sauvés que d’enfants de 3ème classe… « Les femmes et les enfants d’abord » pourtant ? La majorité des rescapés et des corps furent acheminés vers le port le plus proche ; Halifax.

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Ils sont toujours dans les préparations d’Halloween hein… 1 mois qu’ils sont sur le doss les gars…

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Les rues du centre ville sont colorées, toujours en briques rouges. C’est beau et  authentique.

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Le soir les copines sont là, donc on boit des bières haha 🙂

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Mercredi, avec Marjolaine et Emilie, nous partons en quête d’un brunch en nous baladant.

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A la fin de la journée, nous visitons le musée canadien de l’immigration. Halifax a été jusqu’en 1971 un port d’immigration très important ! Le musée se situe dans l’ancien bâtiment, le Quai 21, où des centaines d’immigrés descendaient des bateaux pour commencer leur parcours d’acceptation d’immigration canadienne.
La visite retrace ce parcours avec de nombreux objets d’époque et même un wagon de train.
L’autre partie du musée parle de l’immigration actuelle. Le Canada a toujours été une terre d’accueil pour tous les peuples et continue de l’être ; immigration professionnelle choisie, PVT (mon visa), accueil de réfugiés, etc. Les canadiens viennent de partout, quelque soit leur couleur et leurs origines. Ici l’immigration fait partie de l’histoire et de la vie canadienne. Le mot immigration n’est pas murmuré ou critiqué… A bon entendeurs 😉

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Peggy’s Cove, Mahone Bay et Lunenburg

C’est accompagnée d’Emilie et Marjolaine qui m’ont suivie jusqu’à Halifax, que je pars visiter les environs d’Halifax. Nous avions loué une voiture pour la journée, la route en chemin est magnifique.

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Notre visite commence par le petit village de pêcheurs de Peggy’s Cove. La légende dit que Peggy fût la seule survivante d’un naufrage et aurait trouvé refuge au village.
Le coin est très calme en cette fin de matinée, nous sommes les seules à le visiter. Les commerces sont pour la plupart fermés et le silence laisse seulement entendre le bruit des vagues s’écrasant sur les rochers.

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Au fur et à mesure de notre promenade, des dizaines de touristes commencent à arriver par bus entiers ! Nous mangeons un sandwich au homard et fuyons rapidement 🙂

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Sur la route jusqu’à notre deuxième étape nous passons par le petit village de Mahone Bay, qui nous paraît très adapté pour une pause goûter.

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Nous trouvons un salon de thé absolument charmant avec des gâteaux tellement bons que je n’ai pas eu le temps de les prendre en photo. Dans le fond de la pièce, une magnifique librairie avec des livres étonnants (une version d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban illustré :o).

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Notre dernier arrêt est Lunenburg, village classé patrimoine mondial de l’Unesco grâce à ses façades colorées. Malheureusement pour nous la magie n’opère pas, la ville semble vide et déprimante malgré ses couleurs.

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Tout en haut de la ville, se trouve l’ancienne académie de Lunenburg, un des rares témoins du système éducatif de la Nouvelle-Écosse au XIXe siècle.

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Moncton et Hopewell Rocks

Vendredi, j’ai donc quitté Tracadie pour aller à Moncton, la ville principale du Nouveau-Brunswick.
J’ai dormi 3 nuits dans la seule auberge de jeunesse de la ville ; C Mon Inn, qui m’a permis de rencontrer plein de gens trop cools :).

Malgré le vent glacial l’après-midi de mon arrivée, je suis partie me balader. Pas grand chose à voir mise à part une vague de marée journalière sur la rivière (Masquaret) mais je suis bien-sûr arrivée trop tard (étonnant de ma part non ?).
J’ai quand même réussi à dénicher quelques jolies façades.

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Samedi soir après mon passage sur l’Île du Prince Edouard, nous sommes partis boire une bière entre voyageurs de l’auberge de jeunesse. Je pense que c’était la soirée la plus improbable de ma vie. Entourée de 2 françaises (Marjolaine en volontariat à l’auberge et Emilie en voyage au Canada, ambassadrice zéro déchet), 1 français (Georges, voyageur solo de 60 ans qui aura passé la soirée à dire « je ne regrette pas d’être venu dans cette auberge, je ne veux plus partir demain !!), 2 marocains (Ahmed et Issam, en voyage d’observation dans le but d’immigrer en famille au Canada), 1 québécois (Pascal, à Moncton pour le travail) et d’1 mexicain (Diego, 18 ans, aussi en volontariat à l’auberge).
Me voilà donc dans un pub entouré d’un groupe aussi sympathique qu’étonnant, en train de boire de la bière aux bleuets (c’est si bon !) en écoutant un chanteur live en chemise à carreaux avec en fond un match de hockey à la télé. Cliché !
Pour terminer cette magnifique soirée, la neige nous accompagne pour notre retour à l’auberge. Diego n’en n’avait jamais vu…

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Le lendemain, j’embarque Emilie, Issam et Ahmed pour aller visiter le site d’Hopewell Rocks.
C’est une plage qui a été modelée au fur et à mesure des années par la marée importante dans la baie (environ 14 mètres). Nous profitons de la marée basse pour nous promener le long de la baie, le paysage est lunaire…

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Pour vous donner une idée de la taille des amas rocheux appelés « pot de fleurs », je vous mets sur le paysage précédent un petit élément turbulent comparateur.

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Comme nous avions bien calculé notre coup, nous nous sommes retrouvés à devoir enlever chaussures / chaussettes et remonter nos pantalons pour pouvoir retraverser une partie de la plage haha !

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Nous continuons notre virée par un passage au Cap Enragé, appelé ainsi à cause de la mer souvent tumultueuse à ses pieds. La couleur de l’eau de la Baie de Fundy lui doit le nom de la « mer chocolat ».

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Nous retournons en fin de journée au rochers Hopewell pour observer la différence du paysage à marée haute. Dire que quelques heures auparavant nous marchions juste là…

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Pour la fin de journée, premier match de hockey entre filles avec Emilie et Marjolaine. Moncton contre Bathurst. C’est uuuultra violent le hockey ! Les arbitres n’arrêtent pas les bagarres. Nous assistons même à la célèbre tradition du kiss cam dans les tribunes, Welcome in America

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